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Raaaah. Ayé, les médias nous font encore le coup du “oh, regardez un avion!”, technique de diversion ayant fait ses preuves (dans ma jeunesse en tout cas). Clairement, depuis une semaine, les cochons mexicains malades, on nous en fait fromage alors que la crise sociale empeste les rues. La grippe a tué 3 poilus et quoi? On doit commander des bunkers stériles sur internet pour résister à l’attaque de la grippe géante qui a la queue en tire-bouchon? Bâtir le mur de l’Atlantique pour impressionner le virus? Non mais ça va pas mieux!
L’histoire: les peuples râlaient, ça faisait chier des hommes importants qui pouvaient plus faire leur footing peinard dans leurs paradis fiscaux alors fallait donner aux peuples une bonne raison de penser à autre chose. Voilà grosso-modo ma théorie du complot.
Sans fantasmer sur un éventuel Grand Soir, le(s) gouvernement(s) craignent évidemment des soulèvements populaires à cause de la dèche générale. Ils se sont félicités de la mondialisation économique, mettant en tête de gondole la face culturelle de celle-ci mais ont sous-estimé le revers de la médaille. Aujourd’hui, un mécontentement populaire est d’autant plus fort qu’il est globalisé. Alors, quoi de mieux que la politique de la peur apocalyptique pour détourner l’attention des citoyens (du monde)? Là, plus personne en occident n’a d’argent pour faire la guerre à Mahmoud ou Kim Jong alors l’histoire d’une grippe qui tourne mal c’est vraiment pas mal. C’est pas cher à mettre en oeuvre et dans la foulée ça fait vendre des médicaments (par pure précaution préventive d’un éventuel au-cas-où). La relance les gars, la relance même si faut toucher le portefeuille du populo en menaçant ce à quoi il tient le plus : sa misérable vie ridicule. Au royaume des morts, les zombies sont rois alors ils se précipitent chez leur apothicaire pour constituer leur kit de survie avec du Tamiflu en sucrettes et de la crème anti-rides en suppositoire.
On assiste encore au même manège absurde, les médias agitent un pompon en forme de tête de mort et les consommateurs font leur job, ils se tiennent à carreau et ils consomment. J’arrête ici avant de vous exposer entièrement ma très élaborée théorie (les franc-massons de la police du FBI de la Zone 51 tout ça tout ça…).
Bon, heureusement, y’en a quand même un paquet qui persistent à se faire des inhalations de pneus brûlés devant leur usine pour éviter de bouffer des cailloux ces prochains mois. Les patrons commencent à hésiter (à le dire) avant de se barrer avec la caisse depuis que certains ont fait du camping forcé dans leur bureau. La crise est un bon alibi pour foutre impunément dehors des ouvriers trop chers, tous-usés-d’occaz’, en mauvais état à cause de 20 ans de boîte. A l’Est, ils sont plus fringants et ils ont pas encore des gros besoins, qu’à cela ne tienne!
Jusqu’où ira le cynisme de ces types encostardés, là est la question. Foutre des mecs au chômedu c’est risqué. Des mecs qui ont plus de temps libre, ont du temps pour flipper donc pour penser et tout le loisir de se battre pour retrouver du pognon, un statut social digne de ce nom voire même des idéaux. Je pense qu’une fois qu’on n’a plus rien à perdre, on rêve de gagner pour voir quel goût ça a, même si faut botter le cul de certains pour qu’ils comprennent qu’on a besoin de chaussures neuves (et accessoirement d’un monde nouveau). C’est le moment de se serrer (et lever) les coudes, refaire le monde, les enjeux sont trop importants.
Ronchhon
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